Niger, la maison du correspondant de RFI incendiée

La maison du correspondant de RFI au Niger, située à la périphérie de la capitale, non loin du fleuve, a été incendiée jeudi matin par des émeutiers. 

« Je recevais depuis quelques jours des messages m’alertant qu’ils allaient mettre le feu chez moi. J’ai donc fait partir ma famille et vidé mes papiers principaux. Ce matin, j’étais assis à ma porte lorsque, vers 10h00, ils sont venus attaquer la maison », a rapporté Moussa Kaka à Mondafrique par téléphone, l’internet étant coupé depuis deux jours au Niger.

« Ils ne m’ont pas reconnu. Ils ont tous cassé, les climatiseurs, la pompe principale et le château d’eau », a-t-il ajouté. Le journaliste a indiqué qu’ils s’agissaient de jeunes hommes, âgés entre 15 et 35 ans, au nombre de 200 environ.  

Moussa Kaka habite au quartier Lossogoungou, non loin de la caserne de Tondibia, où sont formés les sous-officiers de l’armée nigérienne. Trois maisons auraient également été cassées sur le parcours des émeutiers dans ce quartier de l’ouest de Niamey.  

Les émeutiers, qui jusqu’ici n’ont pas exercé de violences physiques contre les personnes, semblent s’en prendre à des objectifs bien ciblés, parmi lesquels les stations essence Total, celles du célèbre homme d’affaires Rhissa Mohamed dit Rimbo, du nom de sa compagnie de transport, qui passe pour l’un des financeurs du pouvoir, et le président du principal parti rallié aux socialistes, Seyni Omar, dont le siège de campagne et le domicile ont subi les assauts des manifestants. Un garde aurait accidentellement tué un de ses collègues devant chez Seyni Omar mercredi dans la bagarre. 

Depuis la proclamation de la victoire de Mohamed Bazoum, l’héritier de Mahamadou Issoufou, mardi, la ville de Niamey est le théâtre d’émeutes. Dosso, la nuit dernière, et Gaya, aujourd’hui seraient également touchées. A Zinder, fief du candidat de l’opposition Mahamane Ousmane, qui conteste officiellement la victoire de son adversaire, l’accès au siège de campagne d’Ousmane est barré depuis le matin par les forces de sécurité, qui font face à une foule de sympathisants de l’opposition. 

Selon un membre de la CAP 20-21 de l’opposition, 200 à 300 personnes auraient déjà été arrêtées. Parmi elles, l’ancien général chef d’état-major de l’armée nigérienne Moumouni Boureima et un candidat malheureux à la présidentielle, rallié à l’opposition, Djibril Baré, frère de l’ancien Président de la République Ibrahim Baré Mainassara. Hama Amadou, le président du parti Lumana, a échappé à son arrestation mercredi.  

Source: Monde Afrique

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