L’affaire Sonko retourne à l’assemblée

Des députés issus de l’opposition parlementaire veulent-ils profiter du vent de décrispation qui souffle depuis la mise sous contrôle judiciaire de Ousmane Sonko pour tirer d’affaire leur collègue ? Tout porte à le croire. Ils viennent d’introduire une demande de recours en annulation des poursuites contre ce dernier. Selon les sources de Sud Quotidien, ce sont les 19 députés qui avaient saisi le Conseil Constitutionnel pour contester la légalité de la Commission ad hoc, chargée d’entendre Sonko avant de lever son immunité parlementaire, qui sont revenus à la charge. «Effectivement des députés de l’opposition ont introduit une demande de recours en annulation. La demande est déjà sur le bureau du président de l’Assemblée nationale (Moustapha Niass, Ndlr)», confirme un député de la majorité, contacté par Sud Quotidien. D’autres sources précisent d’ailleurs que le bureau de l’Assemblée nationale devrait se pencher sur cette requête dès la semaine prochaine.

PEU DE CHANCE D’ABOUTIR

Sauf que ce recours a très peu de chance d’aboutir. En dehors du déclenchement de l’action publique, l’Assemblée nationale composée majoritairement de députés de la coalition Benno Bokk Yaakar ne devrait pas suivre les députés qui l’ont introduit. Au contraire ! «Ils sont libres d’introduire des recours. Mais, c’est une affaire privée encore une fois qui concerne certes notre collègue et une autre sénégalaise d’égale dignité. Il n’y a que la justice qui pourra dire s’il est coupable ou pas», tranche déjà une député que nous avons interpellé. A moins que le vent de décrispation qui souffle sur cette affaire et surtout l’implication du Khalife Général des mourides ne s’invitent à l’Hémicycle. Mardi dernier, rappelle-t-on, une délégation de Serigne Mountakha Mbacké, conduite par Serigne Bassirou Mbacké Porokhane a déjà rencontré des membres du Front de Résistance National (FRN). Abdoul Mbaye et Cie avaient exigé, entre autres, la libération des détenus politiques, l’identification et la condamnation des nervis lors des manifestations, la suppression du parrainage, l’indemnisation des victimes des émeutes, le respect du calendrier électoral (Locales en 2021, Législatives en 2022 et la Présidentielle sans Macky Sall en 2024), avec la participation de Karim Meïssa Wade et de Khalifa Sall.

PR ISSA SALL RISQUE DE PERDRE SON MANDAT

Le bureau de l’Assemblée nationale devrait aussi examiner le «cas» du Professeur Issa Sall suite à une saisine du Parti de l’unité et de rassemblement (Pur) qui réclame son siège. Ce, suite à la démission de ce dernier du PUR et à la création de sa propre formation politique sous l’appellation Parti de la Paix, de l’Éthique et de l’Équité (PEE). L’ancien candidat malheureux à la Présidentielle de 2019 serait rattrapé par l’article 7 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, mais aussi, l’article 60 de la Constitution sénégalaise qui stipule : «Tout député qui démissionne de son parti en cours de législature est automatiquement déchu de son mandat. Il est remplacé dans les conditions déterminées par une loi organique». Plusieurs députés interpelés par nos services s’étonnent d’ailleurs que le Pr Issa Sall puisse attendre qu’on en arrive là. «Il a créé son parti politique. Il dispose d’un récépissé en bonne et due forme. Je suis même surpris qu’il ne quitte pas l’Assemblée nationale. Parce qu’il sait très bien qu’il a été élu grâce au Parti de l’unité et de rassemblement (Pur)», 
tonne un député. 

Source: Sudonline

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