Des journalistes priés d’envoyer leurs questions en avance à la Maison-Blanche

L’équipe de communication de Joe Biden aurait déjà tenté de savoir quels sujets allaient être abordés lors des briefings médias, affirme « The Daily Beast ».

Le 21 janvier dernier, Jen Psaki, la nouvelle porte-parole de la Maison-Blanche, avait fait part de son « profond respect pour le rôle d’une presse libre et indépendante ». L’une de ses missions ? « Partager des informations précises avec le peuple américain » et ramener « la vérité et la transparence dans la salle de briefing », où Donald Trump avait pris pour habitude de s’en prendre régulièrement aux médias présents et à leurs « fake news », avait-elle assuré. Mais à en croire The Daily Beast, ces paroles pourraient avoir été rapidement oubliées par l’équipe de communication de Joe Biden.

À plusieurs reprises, celle-ci aurait sondé des journalistes pour savoir quelles questions ils allaient poser à Jen Psaki lors des fameux briefings médias. « Bien que ce soit un soulagement de voir les briefings revenir, en particulier avec un engagement sur des informations factuelles, la presse ne peut pas vraiment faire son travail dans la salle de briefing si la Maison-Blanche trie et choisit les questions qu’elle veut. Ce n’est pas du tout une presse libre », assène un correspondant à la Maison-Blanche interrogé par le média américain.

Une pratique assumée

Ce sujet aurait notamment été évoqué lors d’un appel informel entre les correspondants à la Maison-Blanche, soucieux de conserver leur liberté de parole. Il aurait été ainsi conseillé aux journalistes de refuser de communiquer les questions en avance à l’équipe de Joe Biden, ou de tout simplement faire la sourde oreille et de ne pas répondre à cette demande. Contactée par Business Insider, l’équipe de communication de Joe Biden n’a pas nié avoir demandé à des journalistes de communiquer les questions qu’ils allaient poser. Le but était ici de favoriser une meilleure relation et de communiquer les meilleures informations possibles face à leurs éventuelles demandes.

« Cette conversation bidirectionnelle est un élément important pour tenir le peuple américain informé de la façon dont le gouvernement le sert », justifie un porte-parole de la Maison-Blanche auprès du Daily Beast. Cette pratique n’est dans tous les cas pas une nouveauté pour les journalistes habitués à suivre la politique américaine. Sous les administrations Bush et Obama, s’ils voulaient interroger les secrétaires de cabinet, ils devaient déjà communiquer les questions qui allaient être posées, par exemple.

Malgré les inquiétudes liées à cette demande, les premiers pas de Jen Psaki, ancienne directrice des Communications de la Maison-Blanche entre décembre 2009 et septembre 2011, puis entre avril 2015 et janvier 2017 sous Barack Obama, ont été salués par les médias : pour le Washington Post, les Américains doivent ainsi se préparer à des points presse « fondés sur la réalité ».

Source: LePoint

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