Côte d’Ivoire : nouvellement investi, le président Ouattara « invite » l’opposition au « dialogue »

Lors de son discours d’investiture à un troisième mandat, le président Alassane Ouattara a invité lundi l’opposition au « dialogue » et a promis la reprise des négociations sur la commission électorale en vue des élections législatives de 2021.

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, a invité lundi 14 décembre l’opposition au « dialogue » lors de son discours d’investiture, promettant une reprise des négociations sur la commission électorale en vue des législatives du premier trimestre 2021.

« J’invite l’ensemble des partis politiques à saisir cette nouvelle opportunité qui s’offre à tous pour aboutir à une décrispation du climat par le dialogue », a déclaré Alassane Ouattara, indiquant avoir demandé à son Premier ministre, Hamed Bakayoko, de « reprendre les discussions » sur la commission électorale indépendante (CEI) avec l’opposition, qui avait boycotté la présidentielle du 31 octobre et conteste toujours sa légitimité.

L’opposition demande une réforme de la CEI

S’appuyant sur des arrêts de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples, l’opposition avait constamment demandé avant le scrutin une réforme de la CEI, qu’elle estimait inféodée au pouvoir.

L’ex-président et principal opposant ivoirien Henri Konan Bédié avait proposé mercredi dernier un « dialogue national » pour résoudre les tensions nées de la présidentielle et annoncé la fin du régime de « transition » proclamé par l’opposition qui devait remplacer le régime du président Ouattara, sans pour autant reconnaître la légitimité de ce dernier.

Élu en 2010, réélu en 2015, Alassane Ouattara a décroché le 31 octobre un troisième mandat présidentiel controversé dès le premier tour avec 94,27 % des voix, au terme d’un scrutin boycotté par l’opposition et marqué par des violences qui ont fait 85 morts entre les mois d’août et novembre.

Les violences ont cessé après une rencontre le 11 novembre entre le président Ouattara et le chef de l’opposition, l’ancien président Henri Konan Bédié, mais l’opposition continue à contester le résultat du scrutin.

« Ministère de la Réconciliation nationale »

Des négociations sont en cours entre le pouvoir et l’opposition, dont certains membres, comme son porte-parole Pascal Affi N’Guessan, sont incarcérés pour avoir voulu créer un « Conseil national de transition ».

Lors de son discours d’investiture, Alassane Ouattara a aussi promis la création dans les prochains jours d’un « ministère de la Réconciliation nationale ».

Il a toutefois souligné que « les violences et les actes intolérables » commis lors de l’élection présidentielle ne « doivent pas rester impunis ».

Avec AFP

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